Celui d'Editors est sorti hier, celui d'Interpol arrive le 7 juillet... ça fait plaisir d'aborder l'été en compagnie de deux albums aussi déprimants. Quoique c'est peut-être plus judicieux que de les avoir sortis en pleine période hivernale, plombante par nature ? En les comparant sur le critère de la gaieté,
Our Love to Admire arrive en première position : c'est sûrement la marque de fabrique d'Interpol, le petit plus qui donne envie de se tirer une balle, la corde offerte en cadeau dans la version collector. C'est tout de même contradictoire de prendre du plaisir en écoutant des titres aussi peu joyeux, surtout quand les beaux jours reviennent, mais laissons libre cours à nos instincts naturels, comme l'aurait dit Diderot (le bac est passé, j'en profite).
Parce que les quatre New-Yorkais ont dû passer un hiver particulièrement pourri pour nous pondre une telle somme de réjouissances. L'album débute par
Pioneer to the Falls: dès les premières notes de guitare on sait que ça s'annonce haut en couleurs; quand le synthé et le chant arrivent on peut préparer la corde. Non, plus sérieusement et plus simplement...c'est beau. Et là où Interpol joue très fin, c'est qu'ils réussissent à proposer deux versions de la même chanson sur un seul album! Si Pioneer to the Falls ne passe pas, rabattez-vous sur
Paces is the Trick, la version Chocapic pour 10-12 ans: c'est la même, mais plus courte et grand public. Eh oui, maintenant les groupes s'autocensurent pour adapter leurs chansons, si sombres soient-elles, à tout type de personne.
Heureusement,
Our Love to Admire comporte aussi quelques morceaux plus "dansants", si on peut dire:
The Heinrich Maneuver, gros single et peut-être la plus grosse bombe de l'album, alliée à
Who do you Think? , remontent un peu le niveau moral de la galette. Mais bon, dans l'ensemble ça reste plus proche de Joy Division que des Spice Girls. Il n'y a qu'à écouter
Rest my Chemistry pour s'en rendre compte: ici les guitares qui tranchent et la basse lancinante sont plus en vigueur que les synthés disco.
Enfin, à vrai dire, c'est ce que fait Interpol fait depuis le premier album, mais les deux derniers titres méritent vraiment le détour: bien qu'ils restent dans l'atmosphère générale de l'album,
Wrecking Balls et
Lighthouse forment à eux deux une sorte de procession atmosphérique qui vient clôturer l'album en beauté...assez éblouissant.
01 - Pioneer to the Falls
02 - No in a Threesome
03 - Scale
04 - The Heinrich Maneuver
05 - Mammoth
06 - Pace is the Trick
07 - All Fired up
08 - Rest my Chemistry
09 - Who do you Think
10 - Wrecking Balls
11 - Lighthouse